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    Il y a des verbes qui se conjuguent très irrégulièrement. Par exemple, le verbe "OUÏR".
    Le verbe ouïr, au présent, ça fait : J'ois... j'ois...
    Si au lieu de dire " j'entends ", je dis " j'ois ", les gens vont penser que ce que j'entends est joyeux...
    alors que ce que j'entends peut être particulièrement triste.
    Il faudrait préciser : " Dieu, que ce que j'ois est triste ! "
    J'ois... Tu ois... Tu ois mon chien qui aboie le soir au fond des bois ? Il oit...
    Oyons-nous ? Vous oyez... Ils oient. C'est bête !
    L'oie oit. Elle oit, l'oie ! Ce que nous oyons, l'oie l'oit-elle ?
    Si au lieu de dire " l'oreille " on dit " l'ouïe ", alors : l'ouïe de l'oie a ouï.
    Pour peu que l'oie appartienne à Louis : " L'ouïe de l'oie de Louis a ouï. "
    " Ah oui ? Et qu'a ouï l'ouïe de l'oie de Louis ? "
    " Elle a ouï ce que toute oie oit... "
    " Et qu'oit toute oie ? "
    " Toute oie oit, quand mon chien aboie le soir au fond des bois, toute oie oit : ouah ! ouah ! Qu'elle oit, l'oie !... "

    Au passé, ça fait : J'ouïs... J'ouïs ! Il n'y a vraiment pas de quoi !

    Raymond Devos
    .remond devos

    Pour voir la vidéo qui est trop mortelle aller sur: http://www.dailymotion.com/video/x18j8a_raymond-devos-oui-dire_fun

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    Il l'emparouille te l'endosque contre terre ;
    Il le rague et le roupète jusqu'à son drâle ;
    Il le pratèle et le libuque et lui baruffle les ouillais ;
    Il le tocarde et le marmine,
    Le manage rape à ri et ripe à ra.
    Enfin il l'écorcobalisse.
    L'autre hésite, s'espudrine, se défaisse, se torse et se ruine.
    C'en sera bientôt fini de lui ;
    Il se reprise et s'emmargine... mais en vain
    Le cerceau tombe qui a tant roulé.
    Abrah ! Abrah ! Abrah !
    Le pied a failli !
    Le bras a cassé !
    Le sang a coulé !
    Fouille, fouille, fouille
    Dans la marmite de son ventre est un grand secret
    Mégères alentour qui pleurez dans vos mouchoirs ;
    On s'étonne, on s'étonne, on s'étonne
    Et vous regarde,
    On cherche aussi, nous autres, le Grand Secret.


    Henri MICHAUX ; Qui je fus Gallimard, 1927

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  • Mignonne, allons voir si la rose
    Qui ce matin avait déclose
    Sa robe de pourpre au soleil,
    A point perdu cette vesprée
    Les plis de sa robe pourprée,
    Et son teint au vôtre pareil.

    Las ! voyez comme en peu d'espace,
    Mignonne, elle a dessus la place,
    Las, las ses beautés laissé choir !
    O vraiment marâtre nature,
    Puisqu'une telle fleur ne dure
    Que du matin jusques au soir !

    Donc, si vous me croyez, mignonne,
    Tandis que votre âge fleuronne
    En sa plus verte nouveauté,
    Cueillez, cueillez votre jeunesse :
    Comme à cette fleur, la vieillesse
    Fera ternir votre beauté.

    Pierre De Ronsard
    Odes, livre premier, XV11


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  • C'est un trou de verdure où chante une rivière
    Accrochant follement aux herbes des haillons
    D'argent; où le soleil de la montagne fière,
    Luit; C'est un petit val qui mousse de rayons.
    Un soldat jeune bouche ouverte, tête nue,

    Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
    Dort; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
    Pale dans son lit vert où la lumière pleut.

    Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme 
    Sourirait un enfant malade, il fait un somme:
    Nature, berce-le chaudement: il a froid.

    Les parfums ne font plus frissonner sa narine;
    Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
    Tranquille. Il a deux trous rouges au coté droit.

     

    Arthur Rimbaud

    Le dormeur du Val couché dans l'herbe

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  • Quand le sage montre le ciel.Quand le sage montre la lune... L'imbécile regarde le doigt
    L'imbécile regarde le doigt.

    Proverbe chinois 


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